Leconte de Lisle - Classe de MP

Leconte de Lisle - Classe de MP

Communiqué du 9 décembre 2013

Communiqué de presse, le 9 décembre 2013.

 

Le collectif des professeurs de CPGE de la Réunion appelle à la grève, massive, tous les personnels enseignants de l’Académie, pour défendre les décrets de 1950.

 

Ces décrets sont seuls capables de protéger tous les enseignants du secondaire d’abus ultérieurs : Ils fixent, pour tous, un seuil d’effectif au delà duquel tous les professeurs bénéficient d’une heure de décharge. Ils fixent également un service au delà duquel toute tâche doit être considérée comme une heure supplémentaire ou une tâche bénévole et facultative.

Les supprimer constituerait une menace très grave pour l’ensemble du corps enseignant, y compris les professeurs de ZEP, car le gouvernement projette de déclasser 60% des Etablissements actuellement classés en ZEP. Le Ministre a donc beau jeu de prétendre les favoriser financièrement : La mesure ne lui coûtera pas grand chose et ceux qui espèrent y gagner ne gagneront finalement rien du tout.

 

Le projet Peillon est un projet perdants perdants !

 

Enfin, les décrets de 1950 garantissent aux professeurs de CPGE un horaire et une rémunération tenant compte du niveau de leurs classes (première ou deuxième année) et de l’effectif.  Ils permettent actuellement le recrutement dans notre Académie d’un très grand nombre d’élèves, souvent issus de ZEP, et le plus souvent boursiers : 51,26% de boursiers à Leconte de Lisle en 2è année et en 2012/2013.

Les effectifs des CPGE dans notre Académie sont pléthoriques : jusqu’à 60 par classe en CPGE littéraire première année ! Les équipes pédagogiques, qui décident du recrutement, souhaitaient donner leur chance au plus grand nombre possible d’élèves méritants. Les CPGE ne sont pas les classes de privilégiés que l’on décrit parfois : Au contraire, elles peuvent constituer un formidable ascenseur social pour des élèves issus de classe sociales défavorisées. A la Réunion, les professeurs ont travaillé sans relâche depuis la création de ces classes, à la fois pour informer les élèves (visites dans les Lycées, Salon de l’Education, etc) et pour démocratiser ces filières. Les objectifs fixés par le gouvernement ont été largement dépassés (objectifs : 30 % de boursiers). Nos résultats sont exceptionnels : des centaines d’ingénieurs, d’admis aux Ecoles de commerce, aux Instituts d’Etudes Politiques, aux concours du CAPES et de l’Agrégation, et même à l’Ecole Normale Supérieure, sans doute le concours le plus difficile.

Le projet Peillon va tout casser, et le Ministre le sait bien : Les horaires des professeurs et les salaires seraient alignés sur la base la moins favorable, celle des classes à très petits effectifs : Moins de 20 élèves ! La baisse des effectifs est dès lors inévitable, car les professeurs n’auront pas le temps de corriger 60 copies, et ne seront par ailleurs plus rétribués pour cela.

 

 

A terme, la disparition des CPGE est souhaitée, et leur « intégration » à l’Université faisait partie du projet FIORASO en Janvier 2013. Le projet a été rejeté par les députés, mais les attaques continuent, et on tente, cette fois, de faire passer celles-ci aux yeux de l’opinion publique pour une « justice sociale ». On tente de réclamer à nos élèves des frais de scolarité de 185 Euros, alors que le projet de rendre les CPGE payantes avait été abandonné en principe. On tente de dresser les professeurs les uns contre les autres (diviser pour régner), on présente des professeurs comme des privilégiés, alors qu’on sait bien que les salaires dans l’Education Nationale sont parmi les plus bas en Europe, et aussi parmi les plus bas dans la fonction publique française. A diplôme égal, en fin de carrière, les grilles de rémunération sont bien plus favorables aux ministères de la défense ou de la santé.

 

Le Conseil constitutionnel (décision 2012-614DC du 9 Août 2012) a considéré qu’il était contraire au droit de diminuer le salaire du Président de la République et des Ministres. Les députés ont renoncé à plafonner le salaire des grands patrons, préférant leur conseiller une autorégulation. Il nous paraît écœurant aujourd’hui de présenter comme des nantis des travailleurs un peu moins exploités que les autres. Il est très habile de se faire passer pour Robin des bois en tentant d’obtenir l’approbation des plus défavorisés pour détrousser les classes moyennes déjà accablées par la réforme fiscale : Mais est-il acceptable, dans la République, dans un Etat de droit, de proposer pour des  professeurs, qui ne sont même pas de Hauts Fonctionnaires une baisse de salaire pouvant atteindre 20 % ?

 

Monsieur le Ministre devrait tirer les leçons du classement PISA : Ce n’est pas en détruisant le maillon des CPGE, garant de réussite pour les élèves, que la France progressera dans ce classement.  Tout au contraire, il est certain qu’en supprimant les CPGE ou en cessant de les financer, la dégringolade de la France sera brutale et irréversible. Il nous paraît plus judicieux de préserver précieusement ces filières démocratiques et de s’inspirer de leurs méthodes pour améliorer ce qui peut l’être. Enfin, l’augmentation des salaires dans l’Education Nationale, pour être juste, ne peut prendre la forme que d’une augmentation du point d’indice, pour tous.

Cette augmentation, permettant la revalorisation du métier d’enseignant, pourrait seule le rendre attractif pour de jeunes diplômés. Là encore, le classement PISA n’a rien de bien étonnant : Nos élèves, voyant le salaire de recrutement des jeunes agrégés (1650 euros) se demandent s’ils ne doivent pas s’orienter vers d’autres secteurs, la politique, par exemple. Les Elèves des ENS se dirigent, de plus en plus, vers d’autres métiers. Si la France veut un enseignement de qualité, elle doit comprendre que les salaires des professeurs sont trop faibles, et non pratiquer la politique du pire en diminuant le salaire des plus gradés.  On ne naît pas professeur de CPGE, on le devient : Il suffit de réussir au concours de l’ENS. De l’Agrégation, si possible dans les premiers. De passer un doctorat. D’enseigner de longues années dans le secondaire, d’avoir d’excellents rapports d’Inspection. De candidater, enfin. Encore faut-il, pour se donner tout ce mal, que le jeu en vaille la chandelle. Nous avons connu trois démissions dans les trois dernières années, au motif d’un travail excessif. Il n’a pas été si facile de remplacer ces professeurs et les candidats ne se bousculaient pas.

 

On veut faire fuir les professeurs compétents, interdire le recrutement des élèves. Tout cela est conforme aux intentions de M. Peillon qui déclarait, dès 2010, vouloir supprimer les grandes écoles.

 

 

Pour toutes ces raisons :

 

NOUS DEMANDONS LE MAINTIEN DES DECRETS DE 1950.

NOUS DEMANDONS LE MAINTIEN DE LA GRATUITE POUR NOS ELEVES. NOUS DEMANDONS L’ABANDON DE TOUT PROJET PEILLON OU FIORASO. NOUS DEMANDONS AU GOUVERNEMENT DE CONSIDERER L’EDUCATION NATIONALE COMME UN TOUT. NOUS DEMANDONS UNE REVALORISATION DU POINT D’INDICE.

 

//www.petitions24.net/petition_unitaire_cpge

//www.youtube.com/watch?v=H3lOHKxxUQI&feature=youtu.be



08/12/2013
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